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James Guitet ou l'abstraction lyrique

James Guitet ou l'abstraction lyrique

James Guitet (1925-2010)

James Guitet appartient à la seconde génération de l’abstraction lyrique, dont les œuvres se sont imposées à Paris à partir de 1955. Après des débuts marqués par l'abstraction géométrique, son travail s'oriente rapidement vers une recherche d'effets de matière, à partir d'une technique à base de caséine qui le conduit à des textures ligneuses dont l'épaisseur s'oppose aux aplats colorés. Ces deux caractéristiques de son vocabulaire plastique se déclinent dans des compostions austères très architecturées. « Paysage » abstrait, sa peinture appréhende la nature en captant ses énergies. Les années 1970 ouvrent une période d’analyses théoriques et de recherches plastiques durant laquelle il expérimente de nouveaux formats et interroge la fonction traditionnelle du châssis, élément constitutif et structurel de la peinture. Par le biais de la gravure, Guitet s’intéresse également au livre et commence à créer ses livres blancs, creusés et sculptés, dans lesquels on peut retrouver sa fascination pour le volume et l’architecture. En effet, dès sa fondation en 1965 par Michel Ragon, il adhère au GIAP (Groupe International d’Architecture Prospective). Il met au point un projet d’habitation biologique sous coupole, puis d’urbanisme côtier, tout en continuant de peindre et d’exposer. Depuis 1979, il poursuit ses recherches de graveur et de peintre, et son œuvre s’oriente vers un dépouillement sensible. Il a également réalisé une série de peintures sur le pli en hommage à Deleuze et à l’histoire de la peinture. Le pli devient ici rythme dynamique d’un espace sans fin, générateur de «  forces dérivatives », de remous, d’ombres et de lumière.

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